Tant d'ouvrages inachevés, si peu d'entrain pour les poursuivre. Où sont passés les heures qui me plongeaient dans mes écrits avec délectation ? Pourquoi l'encre ne coule-t-elle qu'avec
parcimonie? Pourquoi après quelques lignes la passion s'évapore, la lassitude me gagne ? Mon imaginaire serait-il atrophié ? Lui qui pourtant me démange aux heures les moins propices me fuit comme
peste quand enfin je m'installe devant mon écritoire. Suis-je donc si mauvais, la cervelle imbibée de trop de banalité ? J'enrage! Je suis en manque, je voudrais rester là, écrire à l'infini, pour
qu'enfin tout soit dit! Je veux tout raconter, je veux me noyer dans l'encre, qu'enfin cesse ce vide, ce sentiment d'inachevé. Je veux mener à terme cette tâche juste ébauchée, réussir quelque
chose, ne plus végéter! Ces vies doivent être dites, connue, racontées pour que l'oubli ne les ensevelisse pas. Mais mon corps s'y refuse et préfère s'abîmer dans d'autres imaginaires. Mais mon
sang bout d'envie, je tremble de crispations j'ai le besoin d'écrire, à tout prix, besoin d'encre, de papier, de sentiments, de fureur, d'amour, de frustrations, besoin d'apaiser les vagues de mon
océan intérieur!
Par Damian Eicker
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